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Le Faucon Gerfaut

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Le Gerfaut : Le faucon le plus prisé dans le monde


Le faucon gerfaut fait partie du groupe des hierofalco, groupe de faucons inféodés aux régions désertiques du globe. Comme le lanier, le lag¬gar et le faucon des prairies sont les faucons des déserts chauds et secs, le gerfaut est l’oiseau des déserts glacés.


Description du Faucon Gerfaut (Falco rusticolus)

Le gerfaut est un oiseau de grande taille, c’est la plus grande variété de faucon au monde. Bien que plus long par rapport au pèlerin, il paraît beaucoup plus puissant et massif. Selon qu’il s’agisse de la forme grise de l’Eu­rope du Nord, du Canada ou de l’Alaska, noire du Labrador ou blanche du Haut Arc­tique, le poids du mâle peut varier de 950 g à 1 400 g et celle de la femelle de 1 300 g à près de 2 kg. Les plus grands individus, comme pour de nombreuses espèces, sont ceux du nord est Sibérien.

Les gerfauts ont plusieurs variations de plumages allant du blanc pur au noir de jais en passant par une variété de phases grises, plus ou moins foncées. On distingue principalement trois phases : une phase grise, une phase sombre (anthracite jusqu’à noire) et une phase claire. Comme chez tous les hierofalco, la couleur des pattes et de la cire du bec des jeunes oiseaux reste bleue pendant au moins un an alors que les adultes plus âgés ont les pattes et la cire jaunes.


Le gerfaut, un oiseau historique en fauconnerie

Révéré et très prisé en raison de sa taille et de sa puissance mais surtout de sa rareté et de sa beauté, les anciens considé­raient le gerfaut comme l’oiseau de Haut Vol par excellence.

Faucon Gerfaut au poing

On sait que c’est le port de l’oiseau de chasse qui hiérarchisa la haute société médiévale : chaque classe sociale avait le privilège de porter son oiseau de proie spécifique au poing, ainsi que de l’inclure dans son blason familial. L’aigle était réservé à l’empereur, le gerfaut au roi et aux princes, le pèlerin au duc et au comte, l’émerillon aux dames, le faucon hobereau à la pe­tite noblesse terrienne, l’épervier au clergé et l’autour au bourgeois.

La nature a doté le gerfaut d’une puissance de vol incroyable qui lui permet de capturer à peu près n’importe quelle proie en poursuite, mais ce type de vol, efficace dans la nature, ne correspond pas nécessairement à la recherche et aux critères esthétiques du fauconnier. Le gerfaut a la faculté de monter sur queue, c’est-à-dire verticalement ou presque, comme si sa queue le poussait par en dessous. Une des caractéristiques du gerfaut est, au contraire des autres faucons de ne pas cercler et de monter sur queue et faisant sa montée en une seule carrière, souvent sans temps de repos et sans cesser de battre des ailes.

Une autre caractéristique du vol du gerfaut est sa capacité de « bander au vent » ou voler sur place, en faisant le Saint-Esprit comme une crécerelle.


Le vol du Faucon Gerfaut

Historiquement, le gerfaut a toujours été utilisé du poing en vol à vue. C’était l’oiseau par excellence pour le haut vol traditionnel sur héron, grue ou milan. (désormais espèces protégées)

Il est considéré, souvent à raison, comme l’oiseau de fauconnerie le plus difficile à voler ; il a la réputation de cumuler beaucoup de défauts : d’un caractère difficile, parfois in­traitable, il est souvent mauvais chaperonnier, il est aussi sensible aux maladies et à la chaleur. Comme tous les oiseaux nordiques qui vivent dans un milieu relativement stérile à cause du froid et des températures extrêmes, les gerfauts, une fois changés de milieu, sont très sensibles au stress et aux maladies. Le gerfaut, oiseau du nord, ne donne en effet sa vraie mesure que quand les températures sont plus fraîches. Il faut éviter de l’expo­ser inutilement au soleil, il aura très vite le bec ouvert. En cas de températures estivales excessives, il est indispensable de placer l’oiseau à l’ombre ou à l’intérieur.


L’affaitage du Gerfaut, quelques notions

Le gerfaut a une maturation et un dévelop­pement comportemental beaucoup plus lents que les pèlerins. Le gerfaut est un oiseau du désert, qui analyse toutes les actions. Il semble plus opportu­niste et plus calculateur et ne passe aucune erreur du fauconnier. Ce sont ces caractéristiques ajoutées à sa vitesse et sa persévérance qui font la différence avec les autres espèces de faucons. Les premiers mois, le gerfaut passe beau­coup de temps à jouer. Même plus tard, les premières poursuites sont perçues plus comme une forme de jeu qu’une chasse. Très expressif, adorable et jouette, le gerfaut est aussi versatile, passant de la bonne humeur et d’un comportement docile à des accès de colère aussi soudains qu’incompréhensibles. Cette hystérie peut survenir à tout moment, sans raison ou au moindre changement dans son environnement fa­milier ! Une fois chaperonné, il faut le laisser à ses démons et ne pas essayer de le mater, ce serait en pure perte avec un risque d’hyperventilation ou d’un coup de chaleur.

Plus que pour d’autres faucons, l’utilisation d’artifices comme le drone ou cerf-volant reste la méthode pour apprendre au gerfaut à monter. Les gerfauts comprennent particu­lièrement vite cette méthode d’entraînement. Ils arrivent à voler par n’importe quel vent et à des hauteurs difficiles à atteindre pour d’autres espèces moins fortes. Il est conseillé de faire tuer le gerfaut avant de commencer l’entraî­nement au drone et de lui escaper des proies pendant plusieurs semaines. De cette manière, il n’y aura pas de problèmes pour faire la transition du drone à la chasse. Les gerfauts ont besoin physiologiquement et biologiquement, dès qu’ils sont allongés, d’exercices de vol quotidiens. Il leur est difficile d’acquérir ce développement par un affaitage traditionnel. Les vols au drone leur permettent de développer leur masse musculaire rapidement, exactement comme le feraient des vols de chasse. S’ils en montrent l’envie, il faut les laisser attaquer tout ce qui bouge. Inexpérimentés, il y a peu de risques qu’ils fassent prise, mais ils développeront un sens de la poursuite et apprendront à dominer l’espace aérien.


Le Faucon Gerfaut en fauconnerie

Les formes, par leur taille sont beaucoup trop intimidantes pour le gibier normal qui rechigne à décoller et se jette dans la première remise possible. Elles ne devraient être réservées qu’au vol de très grosses proies (oies ou outardes). Le tiercelet a la taille d’une grosse forme de pèlerin nordique et convient parfaitement pour toutes les proies classiques.

Voler un gerfaut requiert de l’espace et des ter­rains étendus.

Les distances sont à multiplier par dix par rapport à celles qui conviennent pour un faucon pèlerin ou un autre oiseau de haut-vol. Peu de gerfauts sont volés en Europe à cause de ce problème.

Aux USA, les espaces sont immenses et tout à fait adaptés ; les faucon­niers peuvent voler sur des territoires publics de centaines de milliers d’hectares. Même lors sa mise sur l’aile pour un simple petit vol d’entraînement, le gerfaut part la plupart du temps en ligne droite sur plusieurs kilomètres avant de revenir vers le fauconnier. Les premiers vols ne posent pas de problèmes ; le gerfaut ne commence à exprimer réellement son potentiel qu’après quelques mois quand il commence à faire prise. Une fois mis de­dans, un gerfaut peut poursuivre ses proies sur 20 km à 50 km.

Dans la nature, leur mode de chasse naturel est d’attaquer une proie, repérée depuis un poste d’observation, de la poursuivre jusqu’à la remise puis de la relever une ou plusieurs fois jusqu’à la prise. Cette caractéristique est aussi un de ses points faibles, les poursuites peuvent l’entraîner très loin et comme il est très attractif, il peut devenir une proie facile pour des super-prédateurs comme les aigles. Il est indispensable d’équiper le gerfaut de deux émetteurs tant il parcourt de terrain et peut se retrouver, en quelques minutes, hors de portée de signal. Plusieurs fauconniers américains ont raconté avoir perdu des oiseaux qui ont rapidement quitté la zone de portée des émetteurs ou GPS.

La vue des gerfauts semble supérieure à celle des autres rapaces ; il est capable d’aveuër des proies à des distances considérables. Cette vue est parfois un han­dicap pour le fauconnier parce que le gerfaut aperçoit parfois les proies au sol et plus d’un vol a été ruiné par une attaque in­tempestive au sol.


Conclusion sur le Gerfaut

Doté d’une puissance et de capacités incomparables, le faucon gerfaut n’est pas à mettre dans toutes les mains. Il exige de la part du fauconnier beaucoup d’expérience, une patience à toute épreuve, une approche psychologique particulière et en plus, du doigté et un sens inné de l’oiseau, un peu comme la main verte des jardiniers.